Le bruit des absences – Tome 2

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À la suite d’un traumatisme crânien, Arthur souffre d’une forme rare et irréversible d’agnosie : il est incapable de percevoir les visages, les voix et la présence physique des personnes vivantes. Pour lui, le monde peuplé est silencieux et vide. En revanche, le spectre des fréquences qu’il perçoit capte la « mémoire résiduelle » des lieux : la vibration sonore et l’empreinte thermique laissées par les gens une fois qu’ils sont partis.

Nora est « archéologue du quotidien ». Elle est engagée par des personnes en deuil ou des familles séparées pour reconstituer, au millimètre près, la disposition exacte d’une pièce à un instant précis du passé (un anniversaire en 1998, un dernier dîner) afin de figer un souvenir.
Pour exécuter ses contrats, Nora a besoin d’Arthur : il est le seul capable de « lire » si l’empreinte laissée dans une pièce correspond exactement à la mémoire de l’absent. Mais leur relation se heurte à une réalité cruelle : Arthur ne peut pas percevoir Nora tant qu’elle est dans la même pièce que lui. Il ne commence à ressentir sa présence, à entendre l’écho de sa voix et à percevoir la chaleur de son passage que lorsqu’elle vient de quitter les lieux. Leur romance se construit dans ce décalage temporel absolu : une histoire d’amour en différé où l’intimité naît des traces qu’ils se laissent.

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Description

Tome deuxième — Les Lieux habités

Une maison fermée depuis quinze ans. Quelqu’un paie pour qu’elle reparle.

Commande anonyme, quatre-vingt-quatorze mille euros, quatorze mois : restituer une maison de Sainte-Adresse dans son état du 3 septembre 2010.

C’est la maison d’Arthur. C’est la nuit où il est tombé de la terrasse.

Elle n’est pas vide, elle est intacte : une éponge de 2010 sèche encore sur l’évier. Elle a seulement été retouchée, par petites soustractions, pendant quinze ans. Cent soixante-dix-huit objets retirés. Trois cadres décrochés, onze photographies coupées au massicot, une toise repeinte deux fois, une chambre vidée, la roue avant d’un vélo de fille démontée bien après la fermeture.

Nora accepte le chantier. Elle sait qui l’a commandé. Elle ne le dira pas.

Et tandis que la maison s’apprête à rendre à Arthur la personne qu’il a effacée, elle se met à s’éteindre, pièce après pièce.

Il croit que c’est lui.

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