Bouclettes d’or

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Un roman sur la mémoire et ses fantômes, sur les femmes qu’on ne regarde pas parce qu’on cherche ailleurs, et sur cette découverte tardive, vertigineuse : ce n’est pas Marion que Younès a poursuivie toute sa vie. C’est le garçon qu’il était quand elle le regardait.

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Description

Un matin de janvier, depuis la fenêtre de sa cuisine à Lyon, Younès Belkacem voit une femme traverser la rue. Et d’un coup, toute sa vie sentimentale s’effondre.

Parce qu’il comprend, à soixante-quatre ans, que cette vie a été dictée par une fillette aux bouclettes dorées, Marion, aimée à sept ans dans le jardin d’un colon à Sidi Bennour, et non revue depuis cinquante-six ans. Le mot : jolie, avec son e final tenu comme une signature secrète. La 2CV grise qui est repartie sans qu’on lui dît au revoir, comme repartent les Français selon Lalla Fatima la cuisinière.

Il y a eu Salwa dont le rire prenait trop de place. Catherine la douce, sans mystère. Anne l’avocate brillante qui lui a dit qu’il était charmant mais épuisant. Et Lina, celle qu’il aurait pu aimer vraiment, à qui il a refusé jusqu’au récit de son enfance. Quatre femmes aimées sans être vues, comparées à leur insu à une enfant de sept ans.

Puis, un mardi de mars, place Bellecour, une femme aux cheveux courts encore blonds sort du Carlton. Elle dit son prénom. Il dit Marion. Elle accepte. Et pendant onze mois, Younès vit le bonheur qu’il avait attendu toute sa vie, sans voir les fissures, sans voir qu’Hélène n’aime que ce qu’il aime, sans voir qu’elle s’est laissée appeler Marion parce que personne, en cinquante-six ans, ne l’avait jamais regardée comme il l’a regardée ce matin-là.

Marion, elle, est morte en 1981, à dix-neuf ans, dans un accident de voiture près de Vichy. Elle avait écrit une lettre à dix-huit ans, sans jamais la poster.

« Tu m’as aimée d’une manière qui n’avait pas besoin de moi pour aimer. »

 

Un roman sur la mémoire et ses fantômes, sur les femmes qu’on ne regarde pas parce qu’on cherche ailleurs, et sur cette découverte tardive, vertigineuse : ce n’est pas Marion que Younès a poursuivie toute sa vie. C’est le garçon qu’il était quand elle le regardait.

 

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Format

Papier, PDF

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