Description
CE QUE PÈSE UN VIVANT
Tome III
LE DROIT D’AIMER
« Je suis en désaccord avec lui. Cela ne m’autorise pas à mentir sur la personne qu’il est. »
Ils vivent ensemble sous le premier lacet de la route du Sarret, dans une maison dont le poêle fume quand le vent vient du sud. Elle est avocate, et elle croit que ce qu’il fait est mal. Il est infirmier, et il accompagne ceux qui demandent à mourir quand la loi le permet. Ils ne parlent jamais du dossier.
Le 12 mai, le dossier les convoque tous les deux. À la capitale, devant les juges du Palais, Éléonore Vaury plaidera vingt minutes contre le décret qui encadre la loi. Samuel Escande sera entendu comme témoin, à quatre mètres d’elle, sans avoir le droit de la regarder. Les questions qu’on lui posera ont été préparées par l’avocat de la fédération de Charles Vaury.
Au Bellard, une professeure de piano qui ne peut plus parler maintient sa demande, et une vieille dame retire la sienne. À Combe-Noire, Blanche Vaury apprend qu’elle est malade et commence un cahier. Elle y écrit une liste de trois points, mais elle n’arrive pas à écrire le troisième.
Dans ce dernier volet, aucune juridiction ne tranche le débat, et aucune famille non plus. Il reste pourtant une question, plus difficile que celle de savoir qui a raison.
Peut-on aimer quelqu’un sans lui demander de renoncer à sa conscience ?





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