Description
Tome troisième — La Fréquence exacte
On lui propose de lui rendre les visages. Il faut d’abord écrire ce qu’il va perdre.
Dix-huit semaines à Bruges, neuf patients, un formulaire de consentement qui demande au malade de dresser lui-même l’inventaire de ce qu’on va lui prendre.
Ce qu’on va lui prendre, c’est la seule façon dont il n’ait jamais été relié à quelqu’un.
Il signe.
Il verra le visage de sa mère à soixante-douze ans, celui d’un ami qui lui a menti pendant quinze ans, celui d’une sœur qu’il ne reconnaîtra pas. Il regardera la femme qu’il a perçue pendant trois ans et il ne trouvera rien. Et les pièces, l’une après l’autre, cesseront de parler.
Reste à savoir ce qu’on appelle voir quelqu’un.
Et combien de gens, dans une vie entière, s’aperçoivent qu’on est passé.





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