Description
Le Théâtre antique d’Orange, un mur de scène vieux de deux mille ans, un chantier de restauration à l’arrêt. Près de la niche d’Auguste, la température chute sans raison. Les ouvriers entendent des voix qu’aucun appareil n’enregistre.
Nora Vane est archéologue du sensible. Le ministère l’envoie sur les lieux où l’amour a laissé une empreinte trop puissante, et son travail consiste à les effacer. Elle a passé dix ans à nettoyer la douleur des autres pour n’avoir jamais à regarder la sienne.
À Orange, ses capteurs isolent une résonance qu’elle n’a jamais rencontrée. Ce n’est ni une tragédie romaine, ni un opéra du XIXᵉ siècle : la signature fréquentielle est contemporaine. Et lorsqu’elle décode le signal, elle reconnaît sa propre voix, suppliant un homme qu’elle vient à peine de rencontrer.
L’empreinte n’est pas un souvenir. Elle est en avance.
La pierre a gardé la trace d’une passion que Mathias Kaelen et elle n’ont pas encore vécue, jusqu’à sa dernière minute. Et cette histoire finit mal. Chaque confidence sur les gradins au coucher du soleil, chaque geste sous la parodos vient confirmer le message, à la seconde près, comme si le théâtre relisait un texte qu’ils croient improviser.
Mathias refuse qu’un monument lui dicte son avenir. Nora, elle, connaît le prix de ce qu’on efface.
Peut-on aimer quelqu’un absolument en sachant déjà comment cela se termine, et effacer la trace, est-ce le sauver, ou renoncer à l’avoir aimé ?





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